Dessins.

paysages, 2004-2010.

Dessins d'observation, généralement au bic, carnets de randonnées, de croisière.

Après l'avoir longtemps négligé, j'ai retrouvé il y a quelques années le plaisir du dessin. Le carnet, pas trop encombrant, que l'on emporte avec soi en promenade. Dessiner pour regarder plus nettement, pour suivre de l'oeil et de la main la structure du paysage vu. C'est venu bien après la photo, qui (surtout quand elle est numérique) enregistre vite et accumule puis oublie vite, sur-expose en quelque sorte. Comme si la photo-souvenir prise pour mémoriser un site m'empêchait de regarder; tandis que le dessin dans sa lenteur détaille et recompose, situe, ralentit.

S'inscrit alors dans le carnet ce que je retiens du paysage, et ce qui m'y retient.

nus, 2013-14.

Ce sont des dessins d'après le modèle: poses brèves, séances de croquis bien inscrites dans la tradition; et motifs de base pour le travail de peinture. Tandis que la photo nous donne une image, (avec ses qualités de précision, son pouvoir de suggestion, et aussi la distance (l'absence) inhérente à ce qui a été là, mais n'y est plus), le dessin  (au contraire) est une expérience, un vécu qui porte trace et souvenir (et manque, erreur, déception aussi, inévitablement). Le dessin est à la fois un acte, un événement,  et un objet.