Dans la couleur (2015-18)

  • 2015: Kouroï ( juin-octobre)

Ce sont des autoportraits, nu, dans le miroir.

Les thématiques générales de l'autoportrait sont accentuées par le nu: porter sur soi-même le regard, et le travail plastique, habituellement dirigé vers l'autre: affirmation d'une image de soi, plus ou moins précise, plus ou moins expressive, plus ou moins transformée par les choix plastiques; cela élargi du visage au corps tout entier . Montaigne, (Essais, I, 36) "...vous avez bien la face descouverte; or moy, je suis tout face": c'est à dire tout entier visage,  donc entièrement face à l'autre, vis à vis. Et dès lors il y a mise en danger de l'image sociale de soi, une certaine fragilité donc à s'avancer ainsi à découvert.

Le miroir montre une inversion droite-gauche de l'image (la main droite reste à droite de l'image: celle du miroir, et celle du dessin; et non à gauche comme dans le vis-à-vis ou la photo.) Egalement,dans ce dispositif (face à face avec le miroir comme avec le papier, à une distance  qui est celle de la longueur du bras), l'image dans le miroir n'est pas fidèle à la vue frontale attendue: en effet, le regard n'est frontal qu'au niveau des yeux, du visage et du buste; le bas du  corps est vu selon un angle assez marqué, ce qui induit une déformation (comme en photo les selfies à bout de bras).

  • 2016 Nus debout.

  • 2017 Looking at Lucian Freud's

Ce sont des reprises de peintures de Lucian Freud. Les compositions (formats), ainsi que les poses, sont quelquefois modifiés; mais surtout le traitement plastique se fait par la couleur plutot que par le travail du modelé, et la texture des superpositions de transparences à l'acrylique est très éloignée de l'épaisse pâte à l'huile du maitre.

  • 2018 Les dames du temps jadis

Nus couchés, figures nues allongées: grand thème classique, prétexte mythologique ou pas. Comme un malaise devant ces mises en formes natives et décomplexées du regard (masculin) sur des corps (féminins) en expositions dans une disponibilité (érotique) et dans une distanciation (le corps canonique, lisse hors du temps). Trouble, mais fascination. Que peut la peinture sur l'image?jeux formels, certes, hédonisme personnel de la couleur ou de la caresse du pinceau. Mais encore ! Rien d'autre ?